Un petit tour pour la route

Il n’est pas nécessaire de s’étendre davantage sur cette boule, tant le sujet risque de faire perdre la tête à force d’analyses. Puisqu’il est ici question de critique et d’occultisme, il convient toutefois de mentionner la lecture récente d’un article consacré à un ouvrage traitant d’illusion, plus précisément autour de l’usage symbolique de la boule en magie. Cette critique, rédigée par un groupe se donnant des airs d’arbitres éclairés, se distingue par une conviction aussi touchante que discutable.

Pour illustrer la thèse évoquée plus haut, il serait facile de démontrer par la pratique la souplesse extrême de la critique. Il suffirait de démolir l’article en question, puis, par simple jeu dialectique, d’en faire ensuite une apologie brillante. L’exercice serait sans doute amusant, mais parfaitement vain. Que prouverait-il, sinon la facilité avec laquelle on peut souffler alternativement le chaud et le froid, sans jamais avancer d’un pas dans la compréhension d’un tour de magie ?

Tours de magie dans une mallette

La preuve en est donnée par la conclusion de l’auteur, qui, après un effort littéraire ponctué de quelques pointes acidulées, affirme avec une ingénuité désarmante que si certaines notabilités scientifiques se sont intéressées à ces questions, c’est que le doute subsiste. Et tant que ce doute demeure, il se sent investi du devoir d’apporter, dans la mesure de ses moyens, une contribution à la recherche de la vérité.

Cette déclaration démontre surtout que ni lui ni personne d’autre n’a encore trouvé de réponse définitive. Peut-être même a-t-on cessé de chercher réellement. Si l’on continue d’y revenir de temps à autre, c’est sans doute parce que l’on y trouve encore matière à sourire et à s’amuser, notamment lorsqu’on observe le regard parfois excessivement sérieux que pose l’illusionniste face à son art, à l’image d’un magicien installé dans le Puy-de-Dôme confronté, lui aussi, aux doutes et aux interprétations.

On dira peut-être, une fois de plus, que ce ton manque de sérieux. C’est ce que l’on a toujours dit.